Historique du phare

Du phare d'Alexandrie, au GPS : bref historique du phare

L'apparition des phares coïncide avec le développement de la navigation maritime. A Cadix, au IVe avant notre ère, les Phéniciens auraient érigé la première tour garnie d'un feu destiné aux navires. Le premier phare dont l'existence soit certaine est celui d'Alexandrie, en Égypte. Bâti sur l'île de Pharos (c'est l'origine du mot phare) sur ordre du pharaon Ptolémée Sôter, il signale aux marins l'entrée du port.
Sous l'Empire romain, l'essor du commerce maritime entraîne la multiplication des feux sur les côtes de l'Italie actuelle (Capri, Messine, Ostie, Ravenne...), mais aussi en Espagne (La Corogne) et en Grande-Bretagne (Douvres) et en France (Boulogne-sur-mer).
A la chute de l'Empire romain, le commerce maritime disparaît presque totalement et ces phares avec lui. Dans le même temps, des feux commencent à s'allumer sur les rives de l'océan Indien, en Méditerranée et sur le littoral atlantique.

Il faut attendre les environs du XIIIe siècle pour voir le début d'un balisage lumineux des côtes françaises. Il s'agit le plus souvent d'une tour de pierre garnie d'une plate-forme sur laquelle brûle un imposant feu de bois. Plus tard, c'est le charbon qui va s'imposer. Cet éclairage reste irrégulier et provoque des incidents et beaucoup de naufrages.
Au début du XVIIIe siècle, les feux de bois et de charbon sont peu à peu remplacés par des réverbères à huile végétale. Mais ce type d'éclairage reste trop faible.
Peu après la Révolution française; la surveillance et l'entretien des phares sont pris en charge par l’État. Les ingénieurs vont alors chercher par tous les moyens à augmenter la puissances des deux et permettre aux marins de reconnaître chaque phare : ils mettent au point les réflecteurs, les optiques en verre, les feux à éclats, les feux colorés, les deux à occultation... Ils expérimentent différents combustibles : huiles végétales, pétrole, gaz de pétrole...

En 1819, l'ingénieur Augustin Fresnel, grâce à ses recherches sur la lumière, entre à la commission des phares (service administratif dépendant de l'Institut de la Marine et des Ponts et Chaussées).
Dans un premier temps, avec son collègue Arago, il améliore les lampes à huile. Mais l'invention qui rend Augustin Fresnel célèbre, c'est l'optique tournant. Pour la mettre au point, l'ingénieur s'associe avec un opticien du nom de M. Soleil (!). L'optique de Fresnel est installé dans le phare de Cordouan, dans l'estuaire de la Gironde. Le résultat est indiscutable : l'ancien feu était visible à 15 kilomètres. Grâce au dispositif de Fresnel, la lumière du phare de Cordouan se voit désormais à 60 kilomètres de distance.
Cette nouvelle invention révolutionne l'éclairage des côtes. La commission des phares décide d'en équiper rapidement tous les feux de France.


Dans le même temps, on essaie de mettre en place un système de balisage commun à tous les pays. Grâce à ces efforts continus, on peut dire que le littoral français est totalement balisé vers le milieu du XIXe siècle.
Vers 1860, les premiers essais de feux électriques ont lieu aux phares jumeaux de la Hève (Normandie). Mais l'électrification coûte alors extrêmement cher, et les lampes de l'époque demandent un entretien délicat. Aussi, il faudra attendre les années 1930 pour que les lampes électriques se multiplient vraiment. Quant à l'automatisation des feux, elle se met en place progressivement dans le but de diminuer le nombre de gardiens nécessaires à la surveillance des phares.

De nos jours, on compte 150 en France. Presque tous sont automatisés, et bien peu on encore besoin d'un gardien.

Certains phares, comme celui de la Pietra sur l'île Rousse en Corse ont été équipés de panneaux solaires.
Enfin, l'invention et la mise en place du GPS – système de positionnement mondial – va peut être entraîner la disparition des phares : grâce au positionnement par satellites, les navires peut aujourd'hui connaître à tout moment leur position exacte par rapport aux côtes, de jour comme de nuit.


Source : Grégoire, F. (2011). Le phare de l'oubli. Paris, France : l'école des loisirs  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire